Le bétail rustique que vous voyez évoluer sur les terres des Basses-Eaux n’est pas là par pur souci d’agrément, mais bien pour contribuer à l’entretien des prairies.

 

La manière douce

En broutant pour se nourrir, les bêtes vont consommer les végétaux et entretenir le site en douceur. Le processus d’évolution de la prairie est ainsi stoppé. Plus les vaches pâtureront, plus les terrains s’appauvriront en nutriments, ce qui permettra à la flore de s’exprimer pleinement et, paradoxalement, aux prairies de s’enrichir. Les plantes rares des milieux humides préfèrent en effet les milieux pauvres en éléments organiques. Plus un milieu rassemble de contraintes, plus les espèces doivent faire d’efforts pour s’adapter et donc résister.

Petit à petit reviendront marguerites, papillons et…vers de terre ! Vaches et orchidées font donc, a priori, bon ménage. Évidemment, il est ardemment conseillé de limiter le nombre de vaches, car allez leur expliquer qu’elles peuvent brouter les orchidées, mais parcimonieusement…
L’élevage extensif (à faible rendement et pratiqué sur de vastes espaces) des Basses-Eaux participe donc à l’entretien du site et au maintien de la biodiversité locale.

Les vaches Highland Cattle

D’origine écossaise, ces petites vaches rustiques aux longs manteaux de poils roux s’adaptent bien aux grands froids et apprécient les sols détrempés. Résistantes aux maladies, elles s’accommodent d’herbages pauvres en nutriments et sont tout à fait à leur place sur les prairies humides des Basses-Eaux. Elles ne nécessitent pas de soins quotidiens (pas de traite) et peuvent, sans risque, rester dehors toute l’année.
Coquetterie nécessaire en revanche, elles arborent en hiver un pelage différent de celui de l’été.

 

Bouses et crottin : un écosystème

Les bouses et le crottin produits par le bétail,
non pollués par des médicaments, servent de
garde-manger et d’abri à une foule d’animaux
tels que les bousiers (sorte de scarabée).
En 2008, on a recensé près de 24 espèces
de bousiers vivant sur le site des Basses-Eaux,
dont l’exceptionnel Parammoecius corvinus.